Alors, voilà.
Certains ont du talent, et s’autoproclament
génies.
D’autres en ont,
et, modestes, en doutent, et s’étonnent que des inconnus le reconnaissent.
Et puis, il y a les critiques. Les critiques dont il faut apprendre à se prémunir, qu’ils
encensent ou qu’ils dénigrent.
Parce qu’ils ont si tôt fait de retourner leur veste, et de
brûler ce qu’ils avaient sommé d’adorer!
Il y a les jaloux - ce sont souvent les mêmes -, qui enragent de ne pas avoir le centième du talent de celui qu’ils
assassinent. Sans remords. D’un coup de plume rageur. En d’autres temps, d’un coup d’épée, ou mieux, d’un coup de poignard. Sans remords. Sans se soucier de savoir dans quel état ils abandonnent
celui qu’ils ont éreinté ou exposé à la vindicte populaire.
Auraient-ils le même talent, le même génie, cela ne leur
donnerait tout de même pas le droit de juger.
Juge-t-on un artiste?
A quelle aune peut-on se permettre de juger, de condamner, de
monter au pinacle?
Quels
critères pour affirmer que Dali, Homère, les bâtisseurs des Pyramides, Vermeer, Michel-Ange, Beethoven, Camus, Frazetta, Praxitèle, Dostoïevski, Gilmour, Dean, Tolkien, Mahler, Molière, Tanguy,
Shakespeare, Vinci, Musset, Tchékhov, et les autres…, n’ont de talent que celui qu’on veut bien leur prêter… et que sans leurs prédécesseurs - leurs maîtres…
Seuls doivent échapper à ce
postulat le peintre de Lascaux ou le sculpteur des Cyclades, dont l’un des mérites (puisqu’on n’a jamais fait mieux, depuis) est de ne pas avoir d’ancêtres - connus et
reconnus…
Que serions-nous, tous, sans eux? Eux que , troublés au-delà des mots et des larmes, nous avons épiés, copiés et pillés, sans regrets ni états d’âme. Pour devenir ce que nous
sommes.
L’Art serait-il
inné?
Tout n’est qu’une question de travail. Et d’amour.
Et tant pis pour ceux qui ne l’ont pas compris. Ils se privent du sel de la vie - celui de la création, de la
re-création.
Parce que, même
s’il est établi, de toutes façons, une bonne fois pour toutes, que « tout est déjà dit, et l’on vient trop tard », il n’est pas question de s’abstenir de cette jouissance orgasmique-là,
pour le maigre plaisir de certains.
Ikkar

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