Je ne sais rien des aubes naissantes, ni des crépuscules rougissants. Je n’en connais que ce qu’ont bien voulu en dire les poètes et les fous.
Je ne sais rien des amours éternelles, des passions et des poisons mortels. Je n’en connais que ce qu’ont bien voulu en dire les insensés et les adolescents.
Je n’ai dans le cœur que le souvenir flou des nuits sans lune, la nostalgie tendre des mots à-peine-murmurés-à-peine-entendus, l’effleurement d’une main, d’un souffle, la douceur impalpable, sitôt-faite-sitôt-évanouie, d’une promesse non tenue, la suavité d’un parfum enfui.
Je n’ai au fond des yeux que le rêve peut-être même pas éveillé d’une caresse tout juste esquissée.
Je n’ai dans l’âme que les flèches acérées d’une guitare trop électrique et la violence des larmes arrachées, grâce infinie.
Je ne sais rien d’autre que ces instants subtils, où le désir disparaît, ombre brumeuse éclipsée dès qu’aperçue, quiétude et désespoir mêlés, que le temps passé, dépassé - trop tard, game over-.
Quiet desperation.
Ikkar
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