Ouvrir la fenêtre!
Vite! Maintenant!
Tant qu'il en a encore la force.
Le vent et l'angoisse s'engouffrent.
Suffocation.
Rien n'y fait!
L'air ne pénètre plus.
Il ne pénétrera plus jamais!
Malgré tous ses efforts pour respirer.
L'air qui passe encore le brûle.
Un torrent de lave ne serait pas plus douloureux.
La moindre tentative pour reprendre son souffle n'est qu'une agonie de plus.
L'air qui passe encore le brise.
Le coeur qui s'emballe, qui explose.
Il n'entend plus que son sang battre, violent, à ses tempes.
Il le jure, il ne pêchera plus jamais!
Plus jamais un poisson ne sera sorti par lui de ses eaux salvatrices! Plus d'eau.
Plus d'air!
Dérisoire.
La fenêtre n'est pas assez grande. Casser les murs!
Le vent n'est pas assez violent! Le monde n'est pas assez vaste!
Et lui, si fragile, si recroquevillé, qui tombe à genoux!
Est-ce sa vie qui repasse par bribes, images fugitives de ce qui n'est peut-être même pas son passé?
L'air qui passe encore n'est plus qu'un fil qu'il sent à peine, et qui peut s'interrompre à tout moment.
Effiloché.
Rompu.
Sans rémission.
Asphyxie.
Comment peut-on mourir ainsi?
Seul.
Dérisoire.
Ikkar
Magritte, La Clef des Champs
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