Bon.
Il est des jours - ou des nuits? -, où il vaudrait mieux rester couché.
Ou prier pour que le Grand Bug condamne à tout jamais l'accès à Internet.
Mais voilà, tout ne fonctionne pas toujours comme on le voudrait, et il arrive qu'on puisse se connecter.
Et alors, là, c'est le désespoir qui vous gagne.
Je m'interdis dorénavant tout surf abusif sur la toile.
C'est déprimant, désolant, annihilant. Bref, mortel pour une âme sensible comme la mienne ( et on ne rit pas! )
Or donc, je naviguais - mollement? -, papillonnais comme chaque nuit (au lieu de dormir, est-ce bien raisonnable? ), m'arrêtais chez les amis, les fidèles, les indispensables (qu'ils sachent ou non, d'ailleurs, qu'ils font partie de mon univers n'a pas d'importance...). Je m'installe, négligemment, qu'il m'en pardonne, chez le subtil et talentueux Renaudb, et je tombe sur un commentaire.
La réponse du Maître des lieux m'intrigue, me pousse à aller me fourvoyer chez le personnage. Pas mal! D'autres liens. Des dérives, des repères... un nom, Aniii... j'y vais...
Et là, horreur! Non seulement le Monsieur a un talent monstrueux, mais il a une galerie d'amis tout aussi inquiétants que lui!
Je me sens minuscule, au bord de la poubelle... Un pas de plus, et je saute! Help!
Comment peut-on dessiner comme ça?
Je sais - je sais... - que ces gens-là sont des professionnels, qu'ils n'utilisent pas les mêmes armes que moi..., bref, que ce sont des tueurs!
Mais là...! P... qu'ai-je donc fait aux dieux des illustrateurs pour mériter de tomber sur ces sites?
En les feuilletant, comme on parcourt un arrêt de condamnation, mon âme hurle...
Comment pourrais-je continuer à dessiner? Comment pourrais-je, non pas oser mettre mes dessins sur ce blog, mais seulement prendre encore un crayon...?
Les Maîtres m'avaient donné l'autorisation, bien malgré eux - malgré moi? - de me lancer un jour dans cet art que je pensais m'être interdit. Peut-être parce que, inaccessibles dans leurs livres qu'on ne manipule qu'avec le plus grand respect, il n'y avait - il ne pouvait y avoir aucune comparaison non seulement possible, mais imaginable.
Mais ceux-là! avec leurs sites / blogs qui semblent proches de nous, avec le même support que nous, et qui nous envoient en pleine figure ce que nous pourrions faire, si nous avions un peu de talent!
Les aristocrates du dessin nous transfigurent, nous poussent à nous dépasser.
Ceux-là, à peine sortis de l'adolescence, me referment la porte... Au secours!
J'arrête le dessin...!
Ikkar
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