
Les fils finissent toujours par se défaire, usés, les liens par se détacher.
Parfois, de façon ténue, légère, presque imperceptible. Des effleurements d'ailes d'oiseau ou de papillon. Des soupçons d'ombres, des oublis, des plongées dans l'obscurité rassurante.
Juste des trames qui s'effilochent, transparences nouvelles, trouées apocalyptiques dont on ne finit par s'apercevoir qu'à la lueur des souvenirs. Ceux qui reviennent, remontent, submergent.
Parfois, dans un claquement, sec, violent. Arc tendu à l'extrême, la corde qui casse, vibre, fouette. Blessure. Cicatrice au visage.
Éternelles.
Les fils finissent toujours par se défaire.
Et les années qui s'envolent laissent ce goût amer d'inachevé.
Les fils finissent toujours par se défaire.
Certains sont plus précieux que d'autres, or et soie. Plus fragiles aussi.
Les tentures se désagrègent, points après points.
Je n'ai plus d'amis que virtuels.
Les ruptures de ces fils en seront-elles moins douloureuses?

Ikkar
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