les songes d'Ikkar

...parce qu'il n'est jamais trop tard...

Le Rubayat -

Publié le 11 Mai 2007 par Ikkar in Ils ont écrit...

 

Omar Khayyam 
 
De la cuisine de ce monde tu n'absorbes que la fumée.
Jusqu'à quand, par l'étude de l'être et du néant, seras-tu voué au chagrin?
Ce monde ne contient que regrets pour ceux qui s'y attachent.
Sois insensible à ce qu'on perd et ton profit sera complet.
 
 
 
Pour ton amour je suis prêt à subir tous les blâmes,
Si je transgresse mon serment, j'accepte d'en subir la peine.
Oh! dussé-je endurer jusqu'au jour dernier les tourments que tu me causes,
Cet espace de temps me semblerait encore trop court.
 
Pauvre homme, tu ne sauras jamais rien...
Tu n'élucideras jamais un seul des mystères qui nous entourent.
Puisque les religions te promettent le Paradis, aie soin de t'en créer un sur cette terre,
Car l'autre n'existe peut-être pas.  

Contente-toi de savoir que tout est mystère: la création du monde et la tienne, la destinée du monde et la tienne.
Souris à ces mystères comme à un danger que tu mépriserais.
Ne crois pas que tu sauras quelque chose quand tu auras franchi la porte de la Mort.
Paix à l'homme dans le noir silence de l'Au-Delà!

Oh!  le temps où nous ne serons plus et où le monde sera encore!
Il ne restera de nous ni renommée, ni trace.
Le monde n'était pas incomplet avant que nous y vinssions;
il n'y sera rien changé non plus quand nous en serons partis.

Regarde les méfaits de cette voûte céleste,
Et vois ce monde vide... puisque les amis sont partis.
Autant que tu le peux, vis un moment pour toi-même.
Ne goûte qu'au présent. Le passé a l'odeur des morts.

Ne te dépense pas tant en tristesse insensée,
Mais sois en fête. Donne, dans le chemin de l'injustice, l'exemple de la justice.
Puisque  la fin de ce monde est le néant,
Suppose que tu n'existes pas, et sois libre. 

Si assuré et ferme que tu sois, ne cause de peine à personne ;
Que personne n'ait à subir le poids de ta colère.
Si le désir est en toi de la paix éternelle, 
Souffre seul, sans que l'on puisse, ô victime, te traiter de bourreau.


 

 
 

 

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A
Tu ne nous avais pas habitués à des poèmes aussi optimistes, Ikkar ! Ce cri d'espoir est bien plaisant ! l'hymne de notre M.S.A. ? ;-)
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I
Drôle... je ne les trouve pas si optimistes que ça... Je dirais même que... Mais bon...<br /> ...Longue vie au M.S.A. , monseigneur...
M
Dèlices pervers, subtiles leçons d'un passé grandiose et pourtant cruel.Merci Ikkar.Où que j'aille, ou que je tourne, tout me ramène à ce poète, allez savoir pourquoi...Michel
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I
le hasard...?