A l'ombre, dansaient les fous, sur des échiquiers de marbre froid. Noir. Blanc.
A l'ombre, glissaient les fous, ailes déployées, mers en furie.
Oh, s'enivrer, et s'éviter.
Ne plus croiser son propre regard, sa propre âme.
S'enivrer de mots, de non-sens.
S'ignorer. Ne plus chercher même à savoir qui l'on est.
Se perdre dans des vies autres, les inventer à chaque instant, mourir à chaque page, à chaque douleur, et revivre au chapitre suivant.
Abandonner ses propres songes pour ne suivre que ceux que l'on écrit…
Sombrer dans les Chants, et en oublier les véritables ivresses.
Celles des petits matins, et celles des crépuscules…
Et…
Chavirer.
Tout balayer. D'un revers de la main. Pour un sourire de toi.
Tu me prives de mes mots anciens.
Enfin.
J’efface les cauchemars et suis tes rêves. Tous tes rêves.
Tu me prives de mes mots. Devenus inutiles.
Tes paumes ouvertes. Je me précipite.
Tes chants remplacent les miens. Sans regret.
Je te livre tout, de mes souvenirs et de mes secrets. Qu'aurais-je d'autre à raconter?
Mes mots sont devenus tiens. A jamais.
Ils ont ton parfum, et portent tes couleurs,
ils sont ta voix et ton rire.
Les miens, exil, sont bannis.
Enfin.
Et je revis dans ces silences-là, dans tes yeux, et sur tes lèvres.
A l’ombre, dormaient les fous délaissés pour un seul de tes regards.
Ikkar
Commenter cet article