Le Temps et l’Histoire s’arrêtaient là. Dans ces territoires qui n’avaient plus ni passé ni conquérants. Ni maîtres ni esclaves. Ni dieux. Il ne subsistait plus que des bribes de souvenirs, d’imperceptibles traces d’humanité, d’ infimes empreintes, témoins dérisoires de la splendeur de la civilisation qui avait dominé ces régions fertiles aujourd’hui désertiques. A peine quelques ruines enfouies dans le sable brûlant, et que nul ne songeait à dégager. Qui cela eût-il pu intéresser? Les dieux avaient abandonné le pays, les maîtres et les esclaves aussi… Il eût fallu des hommes libres, libres de choisir, de penser, de se souvenir. Se souvenir de leur gloire passée.
Mais dans ces territoires qui n’avaient plus ni passé ni conquérants, il n’y avait plus d’hommes libres non plus.
Ikkar
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