Ils avaient parcouru tant de milliers de pas, traversé tant d’océans en furie, conquis tant de terres inconnues, découvert tant de peuples insoupçonnés et terrassé tant de barbares; ils avaient rempli leurs bagages de tant de trésors inouïs, en avaient chargé leurs mules, encombré les cales de leurs navires, et les avaient dédiés à leur suzerain et à leurs dieux, prêts à sacrifier leur vie pour les rapporter et les déposer au pied des statues des temples et des palais.
Et ils étaient revenus vers leur Terre, leur Ville, celle dont ils ne prononçaient le nom qu’avec déférence, vénération, presque religiosité, comme celui d’une mère. Ils étaient revenus, souvenirs, pierreries, perles, rêves et or mêlés. Les mêmes qu’à leur départ. Les batailles en plus.
Ils étaient revenus, avec les traces de civilisations lointaines dans leurs sacs, masques funéraires royaux, armes fabuleuses, diadèmes et sceptres volés, arrachés à des rois déchus que plus personne ne songeait ou ne pouvait plus défendre.
Ils étaient revenus. Enfin. Après des mois, des années d’absence.
Et plus rien ne les attendait sur leur Terre, dans leur Ville.
D’autres avaient parcouru des milliers de pas, traversé des océans en furie, conquis des terres qui leur étaient inconnues, découvert des peuples qu’ils ne soupçonnaient pas et terrassé des hommes qu’ils considéraient comme barbares; ils avaient rempli leurs bagages de tant de trésors inouïs, en avaient chargé leurs mules, encombré les cales de leurs navires, et les avaient dédiés à leur suzerain et à leurs dieux, prêts à sacrifier leur vie pour les rapporter et les déposer au pied des statues de leurs temples et de leurs palais.
Ikkar
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