Il ôte ses chaussures. D’un geste rapide et précis.
Je le précède.
L’escalier est-il le meilleur moment?
Je le précède. Me retourne.
Sourire. Complice. Amitié.
Monter en silence. Sans bruit.
Le guider, du bout des doigts. Du bout des ongles.
Vêtements ôtés, à peine le seuil passé.
Regards.
Désir.
Mains fiévreuses. Nos langues.
Yeux fermés.
Désir. Pas d’amour.
Rien que nos corps.
Le lit.
Rien que ses mains, indiscrètes.
Sa langue, son corps, son sexe.
Désir.
Pas de prénom, parce que celui que je prononcerais ne serait pas le sien.
Pas de prénom, parce que celui qu’il prononcerait ne serait pas le mien.
Juste le désir. Pas d’amour.
Ne pas se faire avoir par les sentiments.
Ces rencontres n’auraient plus cette légèreté, cette insouciance qui libère, qui nie toute culpabilité.
Rien n’a d’importance.
Juste l’envie. De sa langue. De son sexe.
Attentif. Faire passer le plaisir de l’autre avant le sien.
Il m’observe.
Savoir si sa réputation demeurera intacte. Une réputation secrète, entre initiés. Relations clandestines. La réputation qu’il a – qu’il se donne – de savoir faire jouir au-delà des mots. Des heures durant.
Aucun amour. Juste du désir. Fou.
Aucune culpabilité. Aucun compte à rendre.
Capotes.
Quatre heures.
Faire vibrer l’autre. Juste ça.
Indéfiniment.
D’autres rendez-vous.
Une dernière fois nos lèvres.
Il se rhabille. Vite.
Je le suis dans l’escalier.
Les chaussures. D’un geste rapide et précis.
D’autres rendez-vous.
Pas d’amour. Juste le désir.
Ikkar
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