les songes d'Ikkar

...parce qu'il n'est jamais trop tard...

Question

Publié le 6 Décembre 2006 par Ikkar in Ikkar

Question.

Est-ce que, lorsqu’on tient un blog, et que l’on sait que certains nous font l’honneur de venir le lire de temps à autre, l’on n’est pas tenté de ne plus vivre qu’au travers de ce prisme-là, de noter le moindre détail - savoir comment on pourra transposer, voire sublimer le moindre fait, qui, en temps ordinaire, ne serait que d’une banalité affligeante?

Le blog, ou comment transformer, sous le projecteur forcé de la lecture d’inconnus, le futile en événement?

Car il n’est alors plus question que du regard que les autres peuvent poser sur ce que l‘on écrit, ou tente d‘écrire.

Je suppose que le journal intime, celui que l’on cache - avec parfois le secret espoir qu’il soit découvert -, est différent . Je n’en ai jamais tenu - même aux temps héroïques de l’adolescence, où l’on est suicidaire et… immortel! -, et ignore tout de cet exercice périlleux.

J’ai toujours préféré passer de l’autre côté - parfois certainement moins douloureux que la plongée sans recours, sans retour ni complaisance, dans son passé ou ses pensées - inavouables? - . Parfois aussi, plus dangereux, lorsqu’on ne parvient plus à sortir de ses obsessions, à s’extirper de ces vies dans lesquelles on s’englue, plus vraies que la réalité, extrêmes, pour échapper à la médiocrité et à l’insignifiance .

Quel est le plus impudique? le voile levé sur ses désirs, ou ses cauchemars, ou bien celui que l’on s’ingénie à tisser et à baisser sur le scandaleux, l’abject, l’indécent? ce que l’on dit révéler de soi, ou bien ce que la commodité de l’anonymat, le prétexte de la création (ô, le grand mot!) autorisent de fantasmes? ce que l’on est, brûlures infernales, larmes et confessions, ou bien ce que l’on rêve d’être, mise en scène et faux mensonges ?

Je ne parierais pas un kopeck sur cette question plus qu’existentielle,… et sans doute sans intérêt. Pardon.

 Ikkar

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A
saut Ikkar.<br /> Au début de mon blog, je mettais mes articles comme si je jettais des bouteille a la mer, c'est une partie de moi meme que je livre, et ce n'est pas par désesperance que de jetter des bouteilles à la mer, ce n'est que par poésie.
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I
Mais ce que tu fais est de la poésie pure!Et puis, la poésie de la désespérance...Ikkar, with love
P
je me suis tellement posée la question que j'en ai supprimer mon blog freudienne qui était pourtant une grande partie de moi méme bien plus que celui-ci que je tiens léger ...je pense le forum bcp plus destructeur que le blog comme dans tout l'excés nuit
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I
Est-ce que supprimer un blog aussi personnel est une solution? Je veux dire, se contenter de ce qui est "léger" est frustrant, réducteur, et l'on finit par se donner, à soi-même, une image trompeuse, un peu trop lisse. Ikkar, with lovePS. C'est bien pour cela que je ne vais pas sur le forum... lol... Ma propre "destruction" me suffit!
A
Cette question est loin d’être sans intérêt, au contraire, de grands scientifiques et philosophes se sont penchés sur la question avant toi : l’observation modifie-t-elle ce qui est observé ?
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I
Du regard des autres. C'est le problème des critiques, de ceux qui s'arrogent le droit de juger, soumettre à leur propre aune l'art ou la vie des autres. Mais c'est la règle du jeu, n'est-ce pas? Qui ne se souvient des dissertations de 20 pages qui disséquaient des textes de 12 lignes, et trouvaient à dire ce que l'auteur... n'avait jamais pensé y mettre? En avons-nous écrit, des bêtises de ce genre! Ikkar, with love