Tes paupières closes sur l’horizon de ton regard, si clair…
Frissons.
Tes paupières closes.
Gémissements.
Tu aimes mes soupirs, mes non-silences.
L’ombre de tes cils.
Tu vibres. Ton corps vibre.
Tu viens en moi.
Doucement, lentement.
Ton corps dans le mien. Sur le mien. Ne plus savoir qui l’on est. Tout oublier, et ne plus penser qu’à l’autre. Ne plus rien savoir de sa vie, plus de passé, pas d’avenir. Se contenter de ces instants.
Ton regard, si clair.
Instants improbables et délicieux de suavité exquise. Instants volés au monde. Au temps qui passe.
Tu es l’éternité de cette seconde-là.
N’être qu’un. Etre la Terre. A tout jamais. S’abandonner à l’autre. Lui offrir même ce qu’on ne possède pas, le vent dans le désert, et les tempêtes en mer, l’immortalité des dieux et l’éphémère d’une note de musique, les affres de l'art et la douceur de la passion, la couleur absolue et l’espace infini et noir, tous les mots de tous les peuples, même oubliés, même disparus, et le silence éblouissant de deux regards qui se croisent, - si clair, et si sombre -…
Je t’aime.
Tu es mon évidence.
Je ne suis qu’une parcelle de toi, le livre aux pages blanches sur lesquelles tu dessines. Je ne suis que l’histoire que tu veux bien y écrire.
Et si l’on doit, un jour, se souvenir de moi, ce ne sera que pour l’amour que j’ai pour toi…
Ikkar
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